Dates précédentes

  • 21 août 2008
    HOW IN A LANDSCAPE
    Création de HOW IN A LANDSCAPE par les ensembles d’harmonie de l’Isère et de La-Côte-Saint-André réunis et Le Concert Impromptu en soliste. Festival BERLIOZ à La-Cote-Saint-André (38)
    La-Cote-Saint-André, 38
août 2008
HOW IN A LANDSCAPE

HOW IN A LANDSCAPE, commande du festival BERLIOZ 2008 pour orchestre d’harmonie, percussions, harpe et quintette à vents soliste. Création Août 2008.

Ce titre mystérieux évoque pourtant les combats intérieurs d’une écriture se voulant libre de tout style et ouverte sur l’Histoire et le sentiment universel. Comment dans un paysage ...

L’âme slave est présente tout au long de la pièce car j’ai cherché à m’immerger dans un état représentatif en combinant l’excès et le désespoir, deux éléments qui, par le biais de la force émotionnelle, structurent l’ensemble de la pièce. Tous les paradoxes deviennent alors possibles, du sombre au lumineux, du tonitruant au silencieux, de la couleur au monochrome, de la mélodie expressive aux rythmes les plus primitifs, l’excès et le désespoir nourrissent le paysage que représente l’âme slave, âme meurtrie dans sa chair, dans ses idées, dans sa sensibilité le long de son histoire répétitive.

Le quintette à vents s’incruste dans ce paysage en apportant du lyrisme autant que des violences et des surprises, parfois humoristiques. Ce n’est pas vraiment un concerto pour quintette et orchestre, mais une œuvre pluraliste en un seul mouvement, fragmenté, atomisé, comme une histoire défaite, une œuvre étant-là, ne cherchant aucune solution et interrogeant sans cesse notre perception, nos sensations d’écoute et notre sensibilité au monde contemporain.

Ce « paysage » incluant les personnages du quintette, comme une pièce de théâtre à la Beckett, apparaît, se transforme au fil du temps, ose se contredire. Il évoque de manière imaginaire l’âme littéraire en croisant les fantômes de Dostoïevski, de Tchekov mais aussi l’âme musicale de Chopin, Tchaïkovsky, Sibélius, Chostakovitch, Prokofiev, Penderecki, Gorècki, Gubaïdulina sans n’en citer aucun ouvertement.

Un passage sériel sur fond de gigantesques accords parfaits et c’est Schönberg qui se trouve dans les dualités de l’Histoire. L’unisson (une seule note jouée par tous, un si bécarre) tout aussi gigantesque après le meurtre dans le Wozzeck de Berg est repris dans la force de l’orchestre d’harmonie, unisson à la fois pauvre et puissant (encore un paradoxe, presque un oxymoron) confronté juste après à l’image traduite en sons du « carré blanc sur fond blanc » peint par Malevitch en 1918. L’âme slave est aussi radicale dans sa création.

D’autres mélodies, sur le nom de Björk, de Portishead, ou encore sur le prénom de Berlioz, Hector, apparaissent dans le paysage en contrepoint, nous confrontant à d’autres âmes actuelles ou symboliques nous éloignant pour mieux percevoir. « How in a landscape » interroge sans cesse le musical dans l’artistique et l’artistique dans le musical, geste représentatif de mon travail de compositeur, au-delà des hiérarchies stylistiques imposées de nos jours.

L’œuvre, vivante et libre, devient un acte intensément poétique

Actualité | Discographie | Performances | Publications | Rencontrez Jean-Michel | Revue de presse | Sites choisis | Stages et autres (...) | Vidéos | Œuvres récentes | | | Plan du site
Accueil du site > Œuvres récentes > HOW IN A LANDSCAPE